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de bonnes chansons... mais quelle production lamentable !
Par Anonyme, le 09.06.2019
c'est marcel azzola qui joue de l'accordéon sur anarchie pour uk .
Par Didier, le 22.01.2019
je pense que le manque de subtilité vient de votre part
jean claude pascal était un chanteur remarquable et
Par Anonyme, le 18.10.2018
super ! la même chose pour 1972?
Par Anonyme, le 24.07.2018
merci christian pour ton commentaire. j'en ai 56, et ma passion pour la musique est toujours aussi vivante auj
Par rockclassics, le 01.06.2018
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Date de création : 28.11.2005
Dernière mise à jour :
07.09.2018
1847 articles
Renaissance #1:
Jane Relf: chant
Keith Relf: chant, guitare
John Hawken: piano
Louis Cennamo: basse
Jim Mccarty: batterie
A la dissolution des Yardbirds, au printemps 1968, Relf et Mccarty fondent le duo pop Together et publient un single "Henry's coming home", sans rencontrer le moindre succès.
Sur le point de tomber dans l'oubli et alors que leur compère Jimmy Page triomphe avec son Led Zeppelin, Relf et Mccarty décident de démarrer un nouveau projet en 1969 dans un style folk/progressif: Renaissance.
Avec la soeur de Keith, Jane Relf au chant, l'ancien pianiste des Nashville Teens John Hawken et l'ancien bassiste de The Herd de Peter Frampton, Louis Cennamo, Relf et Mccarty sont fiers de présenter leur premier album, publié en été 1969: "Renaissance" (#60 UK), produit par un autre ex-Yardbirds, Paul Samwell Smith.
Kings & Queens (K.Relf-Hawken-Cennamo-Mccarty)
Innocence (K.Relf-Hawken-Cennamo-Mccarty)
Island (K.Relf-Hawken-Cennamo-Mccarty)
Wanderer (J.Hawken-J.Mccarty)
Bullet (K.Relf-Hawken-Cennamo-Mccarty)
D'entrée de jeu, le groupe impose un style et un son qui fera la fortune du 2e Renaissance dans les années 70: piano au premier plan, voix éthérée de la chanteuse, une guitare acoustique comme accompagnement, une base rythmique très prononcée et très excitante et des emprunts à la musique classique.
Cet album, très populaire dans son pays d'origine mais très peu hors Grande-Bretagne, est une franche réussite artistique.
Le single "Islands", en version éditée, passera même régulièrement en radio.
Si Keith Relf se fait discret avec sa guitare, on ne peut qu'applaudir le charme de la chanteuse Jane Relf, et du talent de pianiste de John Hawken.
Renaissance, que l'on pense prêt à éclore sur la scène internationale, donne de longues tournées du printemps 69 au printemps 1970, mais ces tournées usent le groupe moralement aussi bien que physiquement et les Etats-Unis, comme l'Europe, accueillent timidement cette évolution des ex-Yardbirds.
Durant les séances du 2e album, le groupe implose, scellant la triste destinée d'une formation qui portait de belles promesses.
© Pascal Schlaefli
Urba City Island
18 Août 2014
Renaissance #1:
Jane Relf: chant
Keith Relf: chant, guitare
John Hawken: claviers
Louis Cennamo: basse
Jim Mccarty: batterie
Renaissance #2:
Jane Relf: chant
John Hawken: claviers
Terry Crowe: chant
Michael Dunford: guitare
Neil Korner: basse
Terry Slade: batterie
Renaissance #3:
Jane Relf: chant
Keith Relf: chant, guitare
Louis Cennamo: basse
Jim Mccarty: batterie
Don Shinn: claviers
Les longues tournées que le groupe a donné entre le printemps 1969 et celui de 1970 a usé les musiciens physiquement, mais surtout moralement, fatigués du peu d'intérêt que leur a porté le public américain et une Europe encore frileuse.
Printemps/été 1970, Renaissance enregistre son deuxième album, mais durant les séances le groupe implose.
Si Jane Relf et John Hawken décident de continuer avec Jim Mccarty comme manager, Keith Relf préfère prendre un long break tandis que Louis Cennamo rejoint provisoirement Colosseum puis Steamhammer.
Les survivants assemblent alors un nouveau groupe (Renaissance #2), dont le guitariste Michael Dunford qui va être l'architecte du Renaissance 2e génération.
Il est décidé de terminer l'album inachevé et Renaissance #2 enregistre un titre de Michael Dunford, "Mr. Pine".
Mais bientôt Jane Relf tire sa révérence, remplacée par l'américaine Marie-Louise "Binky" Cullom.
De l'automne 1970 à l'été 1972, un jeu de chaises musicales va prendre place, avec une formation totalement instable.
En janvier 1971, John Hawken, dernier membre fondateur, quitte le groupe, remplacé par John Tout, un autre grand pianiste.
Peu après, Binky laisse sa place à une jeune chanteuse anglaise, possédant une voix incroyable atteignant cinq octaves: Annie Haslam.
La place de bassiste est la plus instable. Le groupe voit passer en quelques mois, Danny Mcculloch (ex-Eric Burdon & The Animals), Frank Farrell (Ex-Supertramp) ou John Wetton (ex-Family, futur King Crimson, UK et Asia) jusqu'à ce qu'un inconnu, Jon Camp, occupe la place de façon définitive.
Peu après, Michael Dunford laisse tomber, restant toutefois dans l'entourage du groupe, comme compositeur avec Jim Mccarty.
C'est à ce moment-là que les membres originaux décident de terminer enfin leur deuxième album.
Jane et Keith Relf, Louis Cennamo et Jim Mccarty, accompagnés par Don Shinn (Renaissance #3) enregistrent un long titre de 14 minutes "Past orbits of dust".
En automne 1971, "Illusion", produit par Keith Relf, est enfin publié, mais uniquement en Allemagne.
Love goes on (Keith Relf)
Golden thread (K.Relf-J.Mccarty)
Love is all (J.Mccarty-B.Thatcher)
Mr. Pine (Michael Dunford) Renaissance #2
Face of yesterday (Jim Mccarty)
Past orbits of dust (K.Relf-Mccarty-Thatcher) Renaissance #3
Un bon album, qui porte encore la forte empreinte des Yardbirds (Love goes on), qui flirte parfois avec la pop commerciale (Love is all), offre un aperçu de la prochaine incarnation de Renaissance (Mr. Pine), mais malheureusement, est beaucoup trop décousu pour être un vrai grand album de Renaissance.
On remarque l'arrivée dans l'entourage du groupe, de la lyriciste Betty Thatcher.
L'album, passé totalement inaperçu à sa sortie, sera publié universellement quelques années plus tard, apportant une lumière sur la période la plus troublée du groupe.
Le Renaissance #3 s'est bien sûr séparé dès la fin des séances, laissant un nouveau Renaissance éclore, avec Annie Haslam à sa tête.
Il faudra encore quelques années à ce Renaissance 2e génération pour trouver son public, quant au groupe original, il se reformera en 1976 sous le nom Illusion.
© Pascal Schlaefli
Urba City
19 août 2014
Renaissance #4:
Annie Haslam: chant
Rob Hendry: guitare
John Tout: claviers
Jon Camp: chant, basse
Terence Sullivan: batterie
Un cas unique dans l'histoire du rock: lorsqu'il publie son troisième album, le groupe Renaissance n'a plus aucun point commun avec la formation originale.
Pourtant, dans l'entourage du groupe, Jim Mccarty et Michael Dunford sont bien là, et vont composer, avec la lyriciste Betty Thatcher, un premier album pour cette formation que l'on peut surnommer Renaissance 2e génération.
Cet album est publié courant 1972: "Prologue", produit par Renaissance & Miles Copeland.
Prologue (Michael Dunford)
Kiev (J.Mccarty-B.Thatcher)
Sounds of the sea (M.Dunford-B.Thatcher)
Spare some love (M.Dunford-B.Thatcher)
Bound for infinity (J.Mccarty-B.Thatcher)
Rajah Khan (Michael Dunford)
D'abord la voix. La voix incroyablement puissante et émouvante d'Annie Haslam. Là est toute la force de Renaissance.
La voix d'Annie Haslam, le piano de John Tout et les compositions complexes et épiques de Michael Dunford.
Une musique symphonique, poétique, lyrique, pas assez rock pour entrer dans la catégorie "rock progressif" et trop complexe pour celui de "folk progressif".
Cet album reprend le style du Renaissance des deux premiers albums, avec une petite différence: beaucoup de guitare électrique.
Avec le départ de Rob Hendry peu de temps après la sortie de l'album, et une participation plus active de Michael Dunford pendant l'enregistrement du prochain album, celle-ci va rapidement laisser place à une guitare acoustique classique.
"Prologue" va peiner à trouver son public. Un public qui n'a pas oublié le Renaissance de Keith Relf et peine à prendre le nouveau au sérieux.
Cet album est pourtant excellent, même si on sent un groupe de musiciens engagés pour l'occasion et non uni derrière leur vision de leur propre musique.
Cela viendra avec le temps, Renaissance sème patiemment les graines du succès qui donnera ses fruits dans les années à venir.
© Pascal Schlaefli
Urba City
20 Août 2014
Renaissance #5:
Annie Haslam: chant
John Tout: claviers
Jon Camp: chant, basse
Terence Sullivan: batterie
Après le départ de Rob Hendry, le groupe peine à trouver un guitariste. Peter Finberg les rejoint pour la tournée 72/73, mais les quitte avant les séances du nouvel album.
Michael Dunford, l'un des compositeurs attitrés du groupe, accepte de donner un coup de main pour l'occasion.
Le nouvel album est publié en octobre 1973: "Ashes Are Burning" (#171 US), produit par Renaissance & Dick Plant.
Can you understand? (M.Dunford-B.Thatcher)
Let it grow (M.Dunford-B.Thatcher)
On the frontier (J.Mccarty-B.Thatcher)
Carpet of the sun (M.Dunford-B.Thatcher)
At the harbour (M.Dunford-B.Thatcher)
Ashes are burning (M.Dunford-B.Thatcher)
Musiciens additionnels:
Michael Dunford: guitare
Andy Powell: guitare solo (Ashes are burning)
Michael Dunford prend depuis cet album une place prédominante au sein du groupe. Il est le compositeur principal et sacrément talentueux en cela. Il est également l'arrangeur et depuis cet album, le guitariste.
Il rejoint officiellement le groupe dès l'album terminé.
Renaissance affine son style sur cet album, album pour lequel le groupe est accompagné par un orchestre symphonique pour la première fois.
J'ai souvent critiqué les essais de fusion groupe de rock/orchestre symphonique, le résultat étant généralement décevant, pompeux, lourd, de Yes à Deep Purple, de Procol Harum à Emerson, Lake & Palmer, sans parler des groupes qui n'ont pas le matériel nécessaire pour ce genre d'occasions, tels les Scorpions ou Metallica par exemple.
Renaissance est l'unique cas dans l'histoire du rock, où l'orchestre se fond avec aise dans l'univers et la musique complexe du groupe.
Cet album est une réussite incontestable, le premier grand album classique du groupe.
Le guitariste de Wishbone Ash, Andy Powell, vient gratifier le titre final "Ashes are burning" d'un solo enflammé.
Sur scène, le groupe est seul et doit recréer les arrangements des disques.
Pas simple d'assurer le show, d'autant plus que l'on a affaire à un groupe plutôt statique.
Michael Dunford, le guitariste, joue assis sur une chaise, Sullivan est également assis derrière sa batterie, John Tout est concentré sur ses claviers, une main sur le piano, l'autre sur le synthé, se demandant à chaque seconde, pourquoi Dieu ne lui en a pas greffé deux autres.
Annie Haslam elle, est immobile derrière son micro, charmant le public avec sa voix crystalline.
Seul, Jon Camp fait le show. Incroyable mais vrai. Le bassiste et co-chanteur danse, saute dans tous les coins, amène l'énergie à un groupe qui en a bien besoin, fait le lien avec le public, occupe l'espace, et semble relié télépathiquement avec le batteur, assurant une base rythmique solide, musicale et énergique.
Si cela ne suffisait pas, il exécute une partition extrêmement complexe, parcourant le manche de sa basse à une vitesse folle.
L'album "Ashes Are Burning" connaîtra deux pochettes légèrement différentes. Celle présenté ci-dessus est la pochette originale anglaise. Elle représente une Annie Haslam souriante, accompagnée de Terry Sullivan.
Sur le dos de la pochette, on y trouve John Tout et Jon Camp. Dunford n'y apparait pas, ne faisant pas partie du groupe au moment de la création de l'album.
Sur la version américaine, même style, mêmes musiciens, mais habillés différemment et une Annie Haslam qui tire la tronche.
Y a pas photo, je préfère la voir sourire.
L'album n'obtient quasiment aucun succès en Angleterre et marginal en Europe. Plus étonnant, le public américain commence à s'ouvrir timidement au groupe, malgré sa musique typiquement anglo-européenne aux fortes influences classiques.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le succès de Renaissance naîtra aux Etats-Unis.
Vous avez dit étrange? Comme c'est bizarre...
© Pascal Schlaefli
Urba City
21 Août 2014
Renaissance #6:
Annie Haslam: chant
John Tout: claviers
Jon Camp: basse
Terence Sullivan: batterie
Michael Dunford: guitare
Après un "Ashes Are Burning" exceptionnel, et un début de succès américain, le groupe, rejoint par Michael Dunford, prépare l'album de la révélation.
Celui-ci est publié en mai 1974: "Turn Of The Cards" (#95 US), produit par Renaissance, Dick Plant & Richard Gotterher.
Running hard (M.Dunford-B.Thatcher)
In think of you (M.Dunford-B.Thatcher)
Things I don't understand (M.Dunford-J.Mccarty)
Black flame (M.Dunford-B.Thatcher)
Cold is being (M.Dunford-B.Thatcher)
Mother Russia (M.Dunford-B.Thatcher)
Précision importante: "Cold is being" n'a pas été composé par Michael Dunford. Il s'agit de l'adagio en sol mineur d'Albinoni avec un texte de Betty Thatcher.
"Turn of the cards" est pour moi, l'un des meilleurs albums de Renaissance, et déclenche un début de succès aux Etats-Unis où le groupe va désormais tourner considérablement.
En Europe aussi, Renaissance semble éclore et trouver enfin son public.
"Things I don't understand" est la dernière participation de Jim Mccarty à un album de Renaissance.
Quant au titre "Mother Russia", en hommage à l'auteur russe Solzhenitsyn, il est rapidement devenu l'un des classiques du répertoire du groupe et régulièrement repris sur scène.
"Turn of the cards" est un classique des seventies et avec ce disque, Renaissance devient un groupe majeur de la scène progressive anglaise.
© Pascal Schlaefli
Urba City
22 Août 2014
Renaissance #6:
Annie Haslam: chant
John Tout: claviers
Jon Camp: chant, basse
Terence Sullivan: batterie
Michael Dunford: guitare
Le dernier album de Renaissance a amorcé un début de succès aux Etats-Unis. Alors que le nouvel album est en boîte, le groupe démarre sa nouvelle tournée américaine avec une série de concerts du 20 au 22 juin 1975 au légendaire Carnegie Hall de New York City.
Le résultat ne sera publié que l'année suivante, et sous la forme d'un double album : "Live At The Carnegie Hall" (#55 US), produit par Renaissance.
Prologue (Michael Dunford)
Ocean gypsy (M.Dunford-B.Thatcher)
Can you understand? (M.Dunford-B.Thatcher)
Carpet of the sun (M.Dunford-B.Thatcher)
Running hard (M.Dunford-B.Thatcher)
Mother Russia (M.Dunford-B.Thatcher)
Song of Scheherazade (Tout-Camp-Dunford-Thatcher)
Ashes are burning (M.Dunford-B.Thatcher)
Je ne suis pas grand fan des albums live, mais ils offrent souvent un témoignage de la force du groupe sur scène à une époque donnée, principalement lorsque le disque n'est pas trop retouché en studio.
D'autres live de Renaissance ont été publiés par la suite, mais ce "Live At Carnegie Hall" est la quintessence de ce que Renaissance pouvait offrir au sommet de son art.
Sur ce double album, se trouve deux titres inédits à l'époque des concerts: "Ocean gypsy" et le long "Song of Scheherazade" qui seront publiés sur le prochain album studio du groupe, en juillet 1975.
Au moment où les ex-Renaissance Keith Relf et Louis Cennamo se frottent au heavy metal avec le groupe Armageddon, Renaissance peut enfin contempler l'avenir avec le sourire.
Il est certain que si le groupe continue à offrire une telle qualité musicale sur ses prochains albums, leur public, qui s'agrandit de mois en mois, leur restera fidèle.
© Pascal Schlaefli
Urba City
23 Août 2014
Renaissance #6:
Annie Haslam: chant
John Tout: claviers
Jon Camp: chant, basse
Terence Sullivan: batterie
Michael Dunford: guitare
En juillet 1975, un mois après les concerts au Carnegie Hall, Renaissance publie son chef-d'oeuvre: "Scheherazade & Other Stories" (#48 US), produit par Renaissance & David Hitchcock.
Trip to the fair (Tout-Dunford-Thatcher)
The vultures fly high (M.Dunford-B.Thatcher)
Ocean gypsy (M.Dunford-B.Thatcher)
Song of Scheherazade (Tout-Camp-Dunford-Thatcher)
Pour moi, le meilleur album du groupe, sans aucun doute.
On peut préférer "Ashes are burning" ou "Turn of the cards" voir le prochain "Novella", mais pour moi, la musique du groupe n'a jamais été aussi parfaite.
Une chose que l'on remarque d'emblée: Michael Dunford n'est plus le seul compositeur. John Tout et Jon Camp amènent désormais leurs compositions talentueuses au groupe et cela semble leur réussir.
D'emblée Renaissance pose la barre très haut avec ce "Trip to the fair" absolument magique. Une musique typiquement anglaise, proche des nursery rhymes parfois terrifiantes et c'est un peu le cas ici. Il y a une angoisse perceptible dans cette musique enfantine, mais parfois dissonnante, qui met mal à l'aise l'auditeur, me rappelant l'ambiance de certains épisodes de Chapeau melon & bottes de cuir de mon enfance.
Ce voyage à la fête foraine est l'un de mes titres préférés.
La suite ne déçoit pas, un "Vultures fly high" énergique et intelligent, entraînant et passionnant.
Vient ensuite le classique du groupe, la signature sonore de Renaissance: "Ocean gypsy" qui va malheureusement faire passer le groupe pour un groupe de folk celtique pour les années à venir, alors que leurs influences sont plus classiques que folk.
"Ocean gypsy", dépoussiéré par Blackmore's Night dans les années 90, reste l'une des plus belles chansons du groupe et Annie Haslam brille comme jamais.
Vient ensuite "Song of Scheherazade", titre épique impressionant de 25 minutes, suite majestueuse et puissante, aux atmosphères diverses.
Je l'ai dit, mais je le répète: chef d'oeuvre absolu.
Même si l'Europe est encore timide envers Renaissance, le groupe triomphe aux Etats-Unis et la tournée américaine est sold-out.
En 1976, pour faire patienter les fans, on publie le live au Carnegie Hall.
Cette année-là, Keith Relf, l'un des deux membres fondateurs, meurt, électrocuté par une guitare mal isolée.
En 1977, le groupe prépare son nouvel album, mais une ombre semble se dessiner à l'horizon: la reformation du Renaissance original renommé Illusion.
© Pascal Schlaefli
Urba City
24 Août 2014
Armageddon:
Keith Relf: chant
Martin Pugh: guitare
Louis Cennamo: basse
Bobby Caldwell: batterie
Petit aparté dans l'histoire de Renaissance: en 1975, deux anciens membres du groupe, Keith Relf (qui entre temps a travaillé avec Medicine Head) et Louis Cennamo (avec Colosseum et Steamhammer), forment le groupe Armageddon avec l'ex-guitariste de Rod Stewart et Steamhammer Martin Pugh et l'ex-batteur de Captain Beyond, Bobby Caldwell.
Le groupe joue un heavy metal speedé et hargneux, et d'entrée de jeu, fait parler de lui.
Signant un contrat juteux avec A&M, Armageddon se prépare à partir à la conquête du monde avec leur hard rock incandescent.
En mai 1975, ils publient leur unique album: "Armageddon" (#151 US), produit par Armageddon.
Buzzard (Relf-Pugh-Caldwell)
Silver tightrope (Relf-Pugh-Caldwell)
Paths and planes and future gains (Relf-Pugh-Caldwell)
Last stand before (Relf-Pugh-Cennamo-Caldwell)
Basking in the white of the midnight sun (Relf-Pugh-Cennamo-Caldwell)
D'entrée de jeu, le groupe met le feu aux poudres avec l'électrisant "Buzzard" suivi du sublime "Silver tightrope" plus calme.
Armageddon a tout pour réussir: un chanteur charismatique et légendaire, Keith Relf, à la voix éraillée et fatiguée, dûe probablement aux abus dont il est coutumier.
Martin Pugh est un guitariste incroyablement sous-estimé et il explose sur ce disque.
On connaît le talent de Louis Cennamo, mais on sous-estime généralement celui de Caldwell, surtout comme compositeur, alors que ce dernier avait été principal responsable de la réussite artistique du premier Captain Beyond.
Certes, Armageddon s'autorise quelques passages masturbatoires, surtout sur le long et progressif "Basking in the white of the midnight sun", mais pour moi, la qualité générale de l'album est exceptionnelle et il reste un chef d'oeuvre inconnu des seventies.
Le groupe est excellent, sa musique est fabuleuse, la maison de disque A&M croit en eux, ils sont en plus coachés par Peter Frampton, alors pourquoi une chute aussi rapide?
Qu'est-ce qui a foiré?
En juillet 1975, le groupe donne deux concerts à Los Angeles, avant de se séparer.
Les deux seuls concerts de leur trop courte existence.
Qu'est-ce qui a bien pu se passer?
Problèmes avec le management, OK, les problèmes de drogue de certains membres, n'ont pas aidé, comme d'habitude, mais il semble que la santé très fragile de Keith Relf y ait été pour quelque chose.
Comme a dit l'ami Jeannot il y a très longtemps, à Armageddon, la bataille s'est terminée avant qu'elle ne commence.
Au même moment, Renaissance triomphe avec "Scheherazade" et dans l'esprit de certains anciens membres, l'idée de goûter aux miettes de ce succès devient une obsession.
Relf et Cennamo renouent avec Jim Mccarty, Jane Relf et John Hawken et le groupe décide de se reformer.
Non comme Renaissance, le nom étant désormais pris par le groupe d'Annie Haslam.
On décide d'utiliser le nom du 2e album "Illusion" et c'est sous ce nom que le groupe répète pour composer un nouvel album qui doit faire concurrence à Renaissance.
Malheureusement, Keith Relf meurt électrocuté en mai 1976.
Armageddon restera comme le dernier disque d'un chanteur de blues impressionant et d'un hamoniciste doué, qui a démarré sa carrière en 1963 au sein des légendaires Yardbirds.
Les survivants d'Illusion décident de continuer, avec un changement de formation et surtout, avec un Jim Mccarty surprenant, qui va prendre la place de frontman tenu auparavant par son ami Keith.
© Pascal Schlaefli
Urba City
25 Août 2014
Renaissance #6:
Annie Haslam: chant
John Tout: claviers
Jon Camp: chant, basse
Terence Sullivan: batterie
Michael Dunford: guitare
En janvier 1977, paraît le nouvel album de Renaissance, mais uniquement aux Etats-Unis, et avec une première pochette dans les bruns.
Le groupe connaissant des problèmes avec leur label, le reste du monde doit attendre jusqu'en août 1977 pour découvrir leur nouvelle oeuvre et une pochette différente: "Novella" (#46 US), produit par Renaissance.
Can you hear me? (Camp-Dunford-Thatcher)
The sisters (Tout-Dunford-Thatcher)
Midas man (M.Dunford-B.Thatcher)
The captive heart (J.Camp-M.Dunford)
Touching once (J.Camp-M.Dunford)
Encore une fois, Renaissance nous offre un superbe album, qui sera d'ailleurs le plus populaire aux Etats-Unis.
L'europe est encore timide et reçoit fraîchement le nouvel album.
Il est vrai que Renaissance fait un peu anachronique avec son orchestre symphonique en bandoulière alors que l'Angleterre est submergé par la nouvelle vague punk rock.
Pour moi, même si on est forcé de reconnaître la beauté qui se dégage de cet album, je trouve personnellement qu'il n'est pas au niveau des deux derniers.
Renaissance tourne en rond, nous ressert un peu le même plat, et si "Novella" fait partie des classiques du groupe, il me semble parfois un peu creux.
Il établit en tout cas la montée en puissance de Jon Camp qui devient un compositeur de premier plan.
Courant 1977, Annie Haslam lâche momentanément Renaissance pour un premier album solo, "Annie In Wonderland", aidée et accompagnée par Jon Camp et son mari, Roy Wood, ex-Move, ELO et Wizzard.
En 1978, pour le prochain album, les musiciens de Renaissance vont décider de revoir leur copie et moderniser leur musique.
...pour le meilleur et pour le pire.
© Pascal Schlaefli
Urba City
26 Août 2014
Illusion:
Jane Relf: chant
Louis Cennamo: basse
Jim Mccarty: chant, guitare
John Hawken: claviers
John Knightsbridge: guitare
Eddie Mcneil: batterie
En 1976, après la séparation d'Armageddon, le Renaissance original se prépare à renaître.
Malheureusement, la mort de Keith Relf va mettre un terme à la reformation.
Mais l'envie de continuer cette histoire est plus forte et Jim Mccarty prend les rênes du groupe, remplaçant Relf au chant et à la guitare, secondé par John Knightsbridge à la guitare et Eddie Mcneil à la batterie.
Le groupe ne pouvant décemment pas s'appeler Renaissance, prend le nom du 2e album: "Illusion" et publient leur premier album en 1977: "Out Of The Mist" (#163 US), produit par Illusion & Doug Bogle.
Isadora (Jim Mccarty)
Roads to freedom (J.Mccarty-J.Hawken)
Beautiful country (J.Mccarty-J.Hawken)
Solo flight (J.Mccarty-J.Hawken)
Everywhere you go (Jim Mccarty)
Face of yesterday (Jim Mccarty)
Candles are burning (Jim Mccarty)
D'entrée de jeu et malgré une pochette un peu banale (Jane Relf dans un halo rouge), on est surpris par la qualité musicale qui se dégage, surtout du premier titre, ce "Isadora" délicat et précieux.
Malheureusement, le reste de l'album est très inégal, et on s'ennuie très vite dans une musique un peu molle de la fesse.
Illusion, pour moi, c'est un peu "Renaissance rencontre les Yardbirds", mélangeant classicisme à l'européenne (Beautiful country, Face of yesterday), pop music grand public (Isadora), voir même un petit côté rock progressif (solo flight) pas déplaisant.
La grande différence avec Renaissance c'est l'absence d'orchestre symphonique et la guitare électrique de l'excellent John Knightsbridge.
L'album offre de bons moments, reprend le "Face of yesterday" de l'album... "Illusion", mais se perd un peu trop dans une musique un peu mièvre, un peu tiède pour moi.
Illusion reste dans l'ombre de Renaissance qui connaît à la même époque un succès fracassant.
Néanmoins, je dois reconnaître que le groupe nous offre un disque agréable et le parcours de Mccarty jusqu'ici est sans faute.
© Pascal Schlaefli
Urba City
27 Août 2014