Formation :
Keith Emerson : claviers
Greg Lake : chant, basse, guitare
Carl Palmer : batterie
Keith Emerson et Greg Lake (alors avec King Crimson) se rencontrent une première fois en Aout 1969 lors d'un festival en Angleterre.
les deux musiciens se trouvent plus d'un point commun et l'idée germe dans les mois suivants d'une collaboration possible.
l'association Emerson-Lake prend forme dès le début de l'année 1970, lorsque The Nice se sépare.
Greg Lake est de toute façon meilleur chanteur et instrumentiste que Lee Jackson qui ne possède pas une voix exceptionnelle.
le premier batteur a être envisagé est Mitch Mitchell, le batteur du Jimi Hendrix Experience, mais celui-ci refuse l'offre, et c'est Carl Palmer (ex-The Crazy World Of Arthur Brown et Atomic Rooster) qui prend la place.
la légende veut que Jimi Hendrix aie été interressé de rejoindre le groupe (qui aurait pris le nom de HELP), mais sa mort met fin aux spéculations.
premier concert du groupe au festival de l'Ile De Wight en Eté 1970.
ELP impressionne le public comme les journalistes et deviennent la nouvelle sensation.
leur premier album, sorti en Novembre 1970, "Emerson, Lake & Palmer" (#4 UK-#18 US) et produit par Greg Lake obtient un succès énorme, dû surtout au single "lucky man" qui en est extrait et qui grimpe aux premières places du hit-parade.
l'album n'est pourtant pas leur meilleur loin de là, et on a plus l'impression de titres solos ("take a pebble" et "lucky man" pour Greg Lake", "knife-edge" et "the three fates" pour Emerson, et "tank" pour Palmer) que l'effort d'un groupe soudé.
de très bons moments pourtant : l'adaptation de "the barbarian" de Bela Bartok et le hit "lucky man".
le meilleur arrive très vite avec le 2e album "Tarkus" (#1 UK-#9 US) toujours produit par Greg Lake et qui sort en Juin 1971 avec un succès populaire surprenant, car sans l'aide d'aucun single.
cette fois-ci le groupe est bel et bien soudé et offre de très grands moments de rock-progressif comme la suite "Tarkus" signée Emerson-Lake ou le superbe "the only way (hymn)" qui commence comme un hymne religieux avec orgue à la clé et se transforme en un morceau jazzy.
l'album se termine avec un petit rock'n'roll sympathique "are you ready Eddy" dont le sujet est leur ingénieur du son (et celui de Yes) Eddie Offord, et qui montre que malgré leurs prétentions artistiques, ELP reste un groupe anglais avec comme de bien entendu un humour toujours en filigrane.
le groupe tourne sans cesse et joue sur scène une longue suite de morceaux de Mussorgsky adaptée bien évidemment à la sauce ELP.
en Novembre 1971 sort leur premier album live "Pictures At An Exhibition" (#2 UK-#19 US) qui reprends donc les titres de Mussorgsky, et se termine par un rock'n'roll "nutrocker".
en Juillet 1972, sortie de leur troisième album studio, et nouveau chef-d'oeuvre (en plus d'être mon album préféré) "Trilogy" (#2 UK-#5 US), toujours produit par Greg Lake.
les titres forts succèdent aux titres forts :
l'ouverture "the endless enigma-1"-"fugue"-"the endless enigma-2" est sublime.
la ballade "from the beginning" est l'une des plus populaires du groupe.
l'instrumental "hoedown" est également un titre phare des concerts du groupe, quand à "trilogy" il reste pour moi le meilleur de ce que peut donner Emerson, Lake & Palmer et reste très représentatif de la musique du groupe, passant de la ballade au piano au prog-rock le plus complexe, et annonciateur de la techno (boucles jouées au synthés).
ELP créent ensuite leur propre label "Manticore" et en Novembre 1973, sortent leur 4e album "Brain Salad Surgery" (#2 UK-#11 US) encore et toujours produit par Greg Lake, et toujours aussi excellent.
la pochette exceptionnelle de l'album est due à l'artiste suisse HR Giger (Alien).
parmis les titres forts, notons la reprise de l'hymne religieux "Jerusalem" qui sortira en single avec "when the apple blossoms bloom in the windmills of your mind I will be your Valentine" en face b, et qui restera inédit jusqu'en 1977, tout comme le titre "brain salad surgery", bizarrement absent de l'album.
notons également la ballade "still...you turn me on" et la longue suite "karn evil 9" dont la 2e partie "karn evil 9-1st impression part 2" sortira également en single et reste l'un des morceaux les plus populaires du groupe.
le groupe s'adjoint sur cet album l'aide du parolier du King Crimson, Pete Sinfield, qui écrira les textes du groupe jusqu'en 1978.
en Aout 1974, sortie du triple album live (maintenant double cd) "Welcome Back My Friends To The Show That Never Ends, Ladies And Gentlemen" (#5 UK-#4 US) qui termine l'époque dorée du groupe et témoigne de la bonne santé du groupe sur scène.
Emerson, Lake & Palmer entrent alors en hibernation pour trois ans, sommeil à peine troublé par la sortie d'un single de noel en décembre 1975 "I believe in father christmas", ballade de Greg Lake avec emprunt à Prokofiev.
le groupe se réveille en 1977, en pleine tourmente punk, avec le plus mauvais timing possible.
alors que les jeunes groupes anglais hurlent "no future", "God save the queen, a fascist regime" ou encore "London's burning", ELP, à contre-courant complet sortent un double album en Mars 1977 "Works vol.1" (#9 UK-#12 US) qui malgré l'affection des fans de prog-rock encore nombreux, s'attire la foudre des critiques et le mépris de la nouvelle génération pour leur classicisme des plus pompeux.
il faut bien reconnaitre que cet album tient difficilement la route, surtout par rapport à leurs albums précédents, également ambitieux, mais beaucoup plus inspirés.
comme pour le "Ummagumma" de Pink Floyd en 1969, on a affaire là a des oeuvres solos et comme pour Pink Floyd, ce n'est pas très brillant.
la première face est une oeuvre solo de Keith Emerson "piano concerto no.1" avec orchestre symphonique à la clé.
la 2e face sont cinq ballades signées Greg Lake également accompagné par un orchestre symphonique.
une ballade par face ça va, cinq ça fait beaucoup.
la 3e face est signée Carl Palmer.......encore une fois, on passe assez vite.
la 4e face signée par le groupe est la meilleure : tout d'abord "fanfare for the common man" dont une version racourcie sortira en single avec pas mal de succès, et surtout "pirates" (signé Emerson-Lake-Sinfield).
le groupe fait alors la tournée des stades américains et canadiens avec un orchestre symphonique (double album live "Works Live" en 1979) mais devant le coût de l'opération, le groupe finit sa tournée en trio (album live semi officiel du king biscuit flower hour "Emerson, Lake & Palmer" avec extraits de concerts de 1977 et de 1974)
en Novembre 1977, sortie du "Works vol.2" (#20 UK-#37 US) qui fait figure de compilations d'inédits et de fonds de tiroir :
"tiger in a spotlight" (qui sort en single), "when the apple blossoms....etc" et "brain salad surgery" datent de 1973, "I believe in father christmas" de 1975, quand aux autres titres, ce sont ceux qui n'ont pas été jugés digne d'apparaitre sur le médiocre volume 1.
l'image du groupe palit à vue d'oeil, et ce n'est pas le nouvel album (sorti en Novembre 1978) "Love Beach" (#48 UK-#55 US) qui va ranimer la flamme.
d'abord la pochette (très Beach Boys ou Bee Gees) va choquer les plus hardcore des fans, même si avec les anglais on ne sait jamais jusqu'où va leur humour.
puis la musique en elle même.
la première partie de l'album, même si le groupe tente de retrouver un style un peu plus moderne et direct, n'est pas des plus réussies.
par contre la suite "memoirs of an officer and a gentleman" retrouve la grandeur et l'inspiration des meilleurs ELP et reste à redécouvrir.
en 1979, Emerson, Lake & Palmer se séparent dans le plus grand secret.
un live "Works Live" est issus peu de temps après, et une première compilation "The Best Of ELP" sort en 1980.
ni Keith Emerson, ni Greg Lake ne retrouveront du succès en solo, mais contre toute attente, Carl Palmer touche le jackpot avec Asia ("Asia" en 1982, "Alpha" en 1983, "Astra" en 1985, "Then And Now" en 1990 et "Aqua" en 1992).
il faudra attendre 14 ans avant que le trio ne se retrouve.